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1) Que contient vraiment le biocarburant « Diester » ? Quelle différence y a-t-il entre le carburant normal et le biodiesel ?

Le biocarburant « Diester » est obtenu par réaction de « trans-estérification » des huiles végétales (colza et tournesol) et du méthanol. Une tonne d’huile et 100 kg de méthanol sont utilisés pour obtenir une tonne de Diester et 100 kg de glycérine. Le mot Diester provient d’ailleurs de la contraction des mots “diesel“ et “ester”. Il ne faut pas confondre le Diester avec l’éthanol, carburant issu du blé, du maïs ou de la betterave et mélangé à l’essence, que l’on retrouve dans quelques pompes de station service par département distribuant de l’E85 (soit 85% d’éthanol avec 15% d’essence), ou encore avec de l’huile végétale brute dont l’utilisation comme carburant pour les véhicules des particuliers est interdite.

La différence notable entre le carburant normal et le biodiesel s’inscrit dans la nature même de leurs matières premières. Le carburant dit « normal » provient du pétrole, une ressource fossile et donc épuisable, alors que le biodiesel est considéré comme une énergie renouvelable.

2) Quels sont les chiffres clés en terme de surface, de rendement, …, à connaître pour se familiariser avec la filière oléagineuse en France, en particulier en lien avec son débouché « Diester » ?

En 2010, la France devrait cultiver 2,5 millions d’hectares d’oléagineux (colza et tournesol) pour répondre à la fois aux besoins en huiles végétales des secteurs alimentaire, énergétique et de la chimie du végétal. 500 000 hectares seront utilisés pour satisfaire les besoins des Français en huiles alimentaires, 2 millions d’hectares pour l’énergie, la chimie du végétal et l'exportation.

En France, ce sont près de 90 000 agriculteurs qui participent à la production de biodiesel, et plus de 500 organismes collecteurs (coopératives agricoles). Ces productions constituent un complément aux productions alimentaires qui restent leur priorité. La production de biodiesel est en effet encadrée : en France et en Europe, la quantité de terres cultivées nécessaires à sa production est limitée.

Le rendement énergétique du colza et du tournesol autorise une production de biodiesel bien plus importante qu’un litre à l’hectare. La culture d’un hectare de colza destiné à notre filière permet ainsi de produire à la fois 1,3 à 1,5 tonne de Diester, près de 2 tonnes de tourteaux et 130 à 150 kg de glycérine végétale. En résumé, quelle que soit la destination de l'huile, avec un hectare de colza, on produit davantage pour l'alimentaire que pour le biodiesel.

3) Les surfaces cultivées en vue de produire du biocarburant 1ère génération le sont-elles au détriment des cultures vivrières ; le développement des biocarburants fait-il accroître le prix des produits agricoles ?

Il est important de distinguer les deux formes de biocarburants actuellement exploités et les zones de production : le biodiesel et le bioéthanol. Le choix de l’Europe s’est tourné vers le biodiesel car le premier carburant consommé est le gazole. Le biodiesel européen est fabriqué à partir d’une huile de colza et tournesol. En Europe, l’exploitation des terres agricoles à des fins énergétiques est encadrée et contrôlée, et la production de biocarburant ne se fait pas au détriment des cultures vivrières, afin d’éviter tout conflit entre culture alimentaire et culture énergétique. Aujourd’hui, seulement 7% des terres sont consacrées à la production de Diester. En outre, chaque fois qu’un litre de Diester est produit, cela génère 1,5 kilos de tourteau de colza qui constitue un des aliments de base du bétail (bovins, poules, cochons).De plus, le biodiesel ne concurrence pas les cultures céréalières mais favorise la « rotation » des sols en permettant de réduire les doses d’engrais et de produits phytosanitaires nécessaires pour les céréales cultivés par la suite.

Cela dit, il serait irresponsable de nier totalement un lien de causalité entre le développement du biocarburant et l’augmentation du prix de certaines matières premières agricoles. Mais il faut y ajouter l’augmentation de la population mondiale, les perturbations climatiques de ces dernières années et les mauvaises récoltes associées, l’augmentation du cours du baril de pétrole ou encore la spéculation de certains organisme financiers. Les experts s’accordent à dire que c’est l’ensemble de ces facteurs qui a eu un impact. Cependant, la situation est très différente en Europe : l’ensemble des acteurs intervenants dans le domaine des cultures agricoles est d’accord pour les orienter prioritairement vers l’alimentation de l’homme.

4) Pourquoi le pourcentage de biodiesel est-il aussi bas dans les carburants ; les voitures rouleront-elles un jour avec un carburant 100% biodiesel ?

Le choix de la France et de l’Europe est d’orienter prioritairement l’exploitation des terres vers des cultures alimentaires. Les biocarburants de 1ère génération sont donc encadrés par cet impératif. En 2010, ces biocarburants devraient occuper environ 7% des surfaces agricoles européennes. Par ailleurs, la France s’est engagée à augmenter le taux d’incorporation de biocarburant dans le carburant fossiles à 7% d’ici 2010. Ces chiffres s’inscrivent dans une volonté d’oeuvrer pour l’efficience énergétique et environnementale des biocarburants tout en préservant la nécessité de conserver les capacités alimentaires liées à l’exploitation des terres françaises et européennes. Il est important de prendre conscience que le biodiesel n’a pas vocation à être utilisé pur dans les réservoirs de voitures. Une telle substitution impliquerait un changement de vocation de la production agricole qui ne serait plus orientée principalement vers l’alimentation.

5) Quel est le prix des biocarburants par rapport aux autres carburants ? A combien est estimé le surcoût du biodiesel dans le diesel pour le consommateur ?

Les biocarburants ne sont pas moins chers que le diesel. Le diester a pour vocation d’être un biocarburant produit à partir de matières renouvelables favorisant la lutte contre le réchauffement climatique. Il ne s’inscrit pas dans une optique de réduction des coûts, bien qu’il soit économiquement viable. L’objectif premier du Diester est de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique : il émet 75% de gaz à effet de serre en moins que le gazole. Bien que sa production nécessite la consommation d’énergie fossile, son bilan énergétique est en constante amélioration : le Diester restitue 3,7 fois plus d’énergie que ce qui est utilisé pour sa production.

Il n’existe aucun surcoût lié à l'incorporation de biodiesel pour le consommateur. Du fait de l'intérêt environnemental des biocarburants, de leur coût de production supérieur au gazole et de leurs impacts positifs dans les domaines économique et social (emplois, investissements, etc.), les pouvoirs publics ont accordé une exonération partielle de la taxe intérieure de consommation (ex TIPP).

6) Est-ce que le développement du biodiesel français nous permettra de réduire le niveau des importations de pétrole?

A court terme, le développement du biodiesel ne nous permettra pas de devenir indépendant des importations de pétrole, mais il y contribue. Le diester qui se substitue aujourd’hui à hauteur de 6 % du gazole permet donc de réduire les importations et d’améliorer la balance commerciale de la France, tout en diminuant les rejets de CO2 dans l’atmosphère. En France, la consommation de gazole est de 33 Mt sur laquelle nous importons plus de 8 Mt.

7) Le moteur à air comprimé fonctionne et existe dans des pays bien plus pragmatiques que la France ! Quand allons-nous l'utiliser ?

L’enjeu environnemental aujourd’hui, c’est de pouvoir proposer une solution durable susceptible de s’adapter aux exigences actuelles du marché. Or, il ne faut pas oublier que 75% du parc automobile européen est constitué de véhicules diesel. L’important est de proposer une source d’énergie renouvelable adaptée à l’état actuel de la technologie automobile réduisant l’impact environnemental de nos véhicules. Le Diester est une issue concrète et déjà opérationnelle dans toutes les stations services qui permet de réduire l’émission de gaz à effet de serre tout en limitant la dépendance énergétique au gazole. Les alternatives en termes de motorisation sont du ressort des constructeurs.

8) Comment puis-je trouver les stations d'essence qui vendent du biodiesel ?

Sans le savoir, vous consommez déjà du biodiesel lorsque vous achetez du diesel pour votre véhicule. En effet, le Diester est déjà incorporé dans le gazole à une concentration de 6%. Dans toutes les stations essence de France, vous consommez du biodiesel lorsque vous achetez votre gazole.

9) Peut-on alimenter notre réservoir avec de l'huile et de l'essence sans risque pour la voiture ?

Non, les moteurs de voitures ne sont pas prévus à cet effet. Il existe deux types de biocarburants. Le biodiesel est fabriqué à partir d’huiles, il s’incorpore au diesel et non à l’essence. Si vous mélangez vous-même de l’huile et de l’essence, il y a de fortes chances que votre moteur soit sérieusement endommagé. Si par contre vous disposez d’un véhicule à moteur diesel, sachez que chaque fois que vous faîtes un plein en France, vous avez déjà un carburant contenant 6% de Diester.

10) Pourquoi la mention diester n'est pas indiquée sur les pompes diesel?

C’est une question de norme. Comme le Diester est très proche du gazole, des normes permettent d’en incorporer jusqu’à 7% à ce jour pour celui destiné aux stations service, sans que les distributeurs de carburant n’aient l’obligation d’en informer le consommateur.

11) Le Diester peut-il être utilisé pour autre chose que pour du carburant de voiture? (chauffage domestique?)

Il est parfaitement concevable d’imaginer l’utilisation de biodiesel à d’autres fins que le carburant automobile. Pour ce qui est du chauffage domestique, il existe toutefois de nombreuses énergies renouvelables alternatives plus appropriées comme le solaire ou l’éolien. Aujourd’hui, la totalité du Diester est destiné à être incorporé au diesel, car, en Europe, le parc automobile est constitué à 75 % de véhicules diesel. Son utilisation a été décidée par les pouvoirs publics. Augmenter massivement la production du Diester, afin de couvrir d’autres besoins, entraînerait une réorientation de la politique agricole, qui doit être prioritairement consacrée à couvrir les besoins alimentaires des hommes.

12) Combien de véhicules sont concernés par le Diester 30% ?

Début 2008, le Diester 30% (ou B30) concerne plus de 8000 véhicules et 60 collectivités et entreprises. Certains d’entre eux sont membres de l’association nationale Partenaires Diester, qui regroupe à ce jour une soixantaine de collectivités territoriales, ainsi que des entreprises privées, qui font rouler leur flotte de véhicules avec ce taux optimal. Le Diester 30% est réservé uniquement aux flottes diesel dites captives, c’est à dire disposant de leur propre cuve de stockage de carburant. Plus d’infos sur www.partenaires-diester.com

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