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Diester, un biodiesel écologique

11 mai 2010

L’étude définitive rendue publique le 8 avril par l'Agence pour le développement et la maîtrise de l’énergie (Ademe) sur le bilan écologique des biocarburants confirme l'excellente performance du Diester, le biodiesel français produit à partir des graines de colza ou de tournesol. Les résultats de cette étude, réalisée par le cabinet Bio Intelligence Service sous l'égide d'un comité technique associant les professionnels des filières agricoles, des filières industrielles et des associations environnementales,  indiquent ainsi que la consommation de Diester permet de diminuer de 60 % à 70 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport au gazole fossile, bien devant d'autres biocarburants. Ce qui place le Diester en tête des économies de gaz à effet de serre réalisées dans le secteur des transports puisque tout gazole distribué à la pompe en France contient en moyenne un peu plus de 6% de Diester, soit le premier carburant renouvelable en volume.

 

Ces résultats satisfont par ailleurs pleinement aux critères de durabilité définis par la directive européenne relative aux énergies renouvelables qui imposent au biodiesel de réduire d’au moins 35 % les émissions de CO2 par rapport à un carburant traditionnel, taux qui sera porté à 50 % en 2017. Ce qui n'empêche pas Diester Industrie de poursuivre, selon son président Philippe Tillous-Borde, « l’amélioration de ses résultats environnementaux au-delà des exigences réglementaires pour conserver toute sa place au sein du bouquet d’énergies renouvelables de demain ». Il est vrai que tous les biocarburants ne sont pas logés à la même enseigne. Et le bilan écologique peut être beaucoup plus contrasté, voire s'inverser, si on prend en compte les forêts ou prairies détruites pour les cultiver (voir encadré).

 

En tout cas, le bilan écologique est « positif » en ce qui concerne les biocarburants produits en France qui « sont une filière d'avenir », comme l'a observé le ministre de l’Agriculture, Burno Le Maire. Et d'enchaîner : « C'est un bon choix de la France, un bon choix pour l'environnement comme l'étude de l'Ademe vient de le confirmer. C'est bon pour le développement économique et l'emploi. C'est bon pour les agriculteurs car cela leur ouvre des débouchés supplémentaires notamment pour la filière des grandes cultures ». Bruno Le Maire a par ailleurs réaffirmé l'objectif de la France d'atteindre en 2010 une part de 7% de biocarburants dans les carburants routiers, tandis que l'objectif européen est de 5,75%.

Attention aux importations
Si la production du Diester à partir des graines de colza ou de tournesol cultivées en France ne pose pas de problème de changement d'affectation des sols négatif en termes de bilan carbone, tel n'est pas le cas par exemple du biodiesel obtenu à partir de l'huile de palme en Indonésie. La raison? Le changement d’affectation des sols peut être direct (une forêt est remplacée par un sol affecté aux biocarburants comme en Indonésie) ou indirect (lorsqu’une culture énergétique remplace une culture alimentaire qui est déplacée sur une prairie ou une forêt). Ainsi, si les espaces de captage de carbone que sont les prairies et les forêts sont transformés en terres de culture pour des biocarburants, le carbone stocké est largué dans l’atmosphère et le bilan d’émissions de gaz à effet de serre devient très négatif. Il faut par exemple 200 ans pour revenir à un bilan CO2 positif quand une forêt est abattue au profit d’une culture destinée à la production de biocarburant. Or, pour ce qui concerne la France, compte tenu des règles qui restreignent la conversion des prairies permanentes et du fait que les biocarburants sont produits sur des terres arables, il n’y a pas de changements direct d’affectation des sols.

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