Les acteurs de la filière Diester, biodiesel issu des graines de colza ou de tournesol, ont décidé d’agir ensemble afin d’améliorer la qualité environnementale de ce biocarburant. Agriculteurs, organismes collecteurs, centres techniques et industriels ont pour objectif d’une part d’accroître l’efficacité énergétique du Diester et, d’autre part, de réduire encore davantage ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Cette démarche fait suite à plusieurs années d’application de la charte environnementale de la filière sur la totalité des maillons de la chaîne, des champs à la pompe. En complément de l’efficacité énergétique et de la réduction des GES, la qualité des eaux et la biodiversité sont également prises en compte.
L’an dernier déjà, les organismes qui collectent les cultures de colza et de tournesol (coopératives, négociants) s’étaient engagés à recueillir des informations sur 10 000 parcelles. Ce chiffre atteindra 15.000 cette année et 20 000 en 2011.
A présent, chaque agriculteur doit renseigner ses deux parcelles les plus grandes cultivées pour le débouché Diester au lieu de une en 2008. Ainsi, le dispositif permettra de donner l’information la plus complète possible sur la production du Diester. C’est le Cetiom, l’institut technique de la filière, qui a été mandaté pour mener à bien cette « démarche de progrès » de l’ensemble des acteurs du biodiesel français.
Selon une enquête réalisée en 2008, près de 5% des parcelles les plus performantes permettaient de produire quatre fois plus d’énergie que la quantité mobilisée pour la production du Diester. Environ la moitié des parcelles atteignaient cependant un rendement énergétique déjà significatif compris entre 2,75 et 3,25 fois. En poursuivant l’optimisation des techniques agricoles (fertilisation, mécanisation) mais aussi la logistique et le processus industriel, il est donc possible d’améliorer encore l’efficacité énergétique du Diester. C’est tout le sens des actions engagées.
Les sites industriels de la filière ont été construits dans des régions de production de graines oléagineuses de façon à limiter le transport, ce qui réduit d’autant la part des GES et de consommation d’énergie dans ce domaine. Par ailleurs, tous les sites industriels sont reliés à une voie d’eau et le Diester fait souvent l’objet d’un transport maritime ou fluvial, plus propre que le transport routier. La filière effectue également des recherches pour favoriser des procédés de trituration et d’estérification moins consommateur d’énergie comme le fonctionnement à une température plus basse. Aussi, la filière Diester a-t-elle fait le choix du lavage des esters à l’eau plutôt que par distillation beaucoup plus énergivore. Les dernières unités de transestérification implantées par Diester Industrie en France mettent systématiquement en œuvre cette méthode.
Une étude est en cours sur les sites de production de Diester de Lezoux en Auvergne, et de Bassens en Gironde, sur le décorticage des graines de tournesol et la valorisation des coques comme énergie. D’une part, cette opération permettra d’améliorer la valeur nutritionnelle des tourteaux (déchets après trituration utilisés dans l’alimentation du bétail) qui, contenant moins de coques, ont un taux de protéines plus élevé. D’autre part, l’alimentation des chaudières biomasse avec les coques de tournesol pour produire de la chaleur permettra aux sites industriels de réduire leur consommation de gaz et donc de réduire les émissions de GES.
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