Ratifié par 172 pays à l'exception des États Unis, le protocole de Kyoto fixe pour 38 pays industrialisés un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5% sur la période 2008-2012 par rapport à 1990. En revanche, aucune contrainte d'émission n’est prévue pour les pays en développement. Toutefois, un système d'incitation existe pour ces pays. Appelé « mécanisme pour un développement propre » (MDP), ce système permet à un pays industriel qui dépasse son objectif d'émission d'acheter des crédits carbone dans un pays en développement à condition de financer un projet de réduction d'émissions de GES. A condition aussi que le projet soit homologué par les commissaires des Nations Unies.
Un projet de biodiesel à base de l'huile de palme envisagé par exemple en Indonésie n'aura sans doute pas l'aval des Nations Unies si la palmeraie est gagnée sur la forêt. A l’inverse, un projet de biodiesel à base de l’huile de colza, à l’instar de la filière Diester en France, pourra plus facilement obtenir le feu vert onusien si, comme en France, la production de colza à finalité énergétique ne vient pas concurrencer la production alimentaire. Ainsi la Chine, très attaché à ce système de MDP, développe à tour de bras des projets (biocarburants, éolien, hydraulique…) financés par des crédits carbone des pays industrialisés.
Sur les quelque 3 milliards de tonnes de CO2 en crédits Kyoto issus du MDP attendus pour 2012, le plus grand des pays émergents s’adjuge du coup 55% alors que l’Inde s’octroie 16% et le Brésil 6%. C’est dire combien les pays émergents ne souhaitent absolument pas la remise en cause de ce système de MDP lors de la conférence de Copenhague.