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Diester, un biocarburant plébiscité

14 octobre 2009

Le Diester commence à prendre une place importante dans la vie quotidienne des Français. En tout cas un Français sur trois (33% des personnes interrogées) connaît l’appellation Diester, selon une enquête réalisée par l’Institut Ifop fin septembre. D’ailleurs l’opinion publique française approuve largement l’utilisation des biocarburants mélangés aux carburants fossiles pour lutter contre le réchauffement climatique. Trois Français sur quatre (73%) y sont favorables. Et quatre Français sur cinq (83%) pensent que l’augmentation de la part du Diester dans le gazole consommé en France constitue une bonne chose, voire une très bonne chose pour un Français sur quatre (26%). Tout gazole distribué en France contient en effet en moyenne 6,3% de Diester, même sans affichage à la pompe, taux qui devrait grimper à plus de 7% l’an prochain. De fait, ce biodiesel produit à partir notamment du colza se positionne comme une alternative à l’enjeu environnemental qui préoccupe une large majorité des Français. 65% des personnes interrogées estiment ainsi que le Diester permet de lutter contre le réchauffement climatique.

Ce sentiment favorable exprimé par les Français en faveur du Diester vient d’être consacré scientifiquement par une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) qui conclut à un bilan énergétique très favorable du Diester. Selon l’Ademe, la consommation de biodiesel de colza permet de diminuer de 60 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport à la consommation de gazole fossile. Ce chiffre atteint 73 % pour le biodiesel de tournesol. Ces résultats placent la filière Diester en tête des réductions de gaz à effet de serre réalisées dans le secteur des transports. En 2008 par exemple, l’incorporation de quelque 5,75% de Diester dans le gazole distribué à la pompe a permis d’éviter l’émission de 4,5 millions de tonnes d’équivalent CO2 dans l’atmosphère, soit l’équivalent des rejets annuels de plus de 1,2 million de véhicules fonctionnant au gazole.

Les résultats révélés par l’étude de l’Ademe concernant les réductions de CO2 réalisés par les biodiesel montrent par ailleurs que la filière Diester, qui a investi plus de 800 millions d’euros depuis trois ans, satisfait pleinement aux critères de durabilité définis par l’Union européenne à propos des biocarburants. En effet, l’Union a fixé un objectif d’incorporation de 10% d’énergies renouvelables dans la consommation finale de carburants dans les transports en 2020, à condition que les biocarburants utilisés émettent 35% de moins de gaz à effet de serre que les carburants fossiles, seuil qui sera porté à 50% en 2017. Avec 60% pour le biodiesel de colza et 73% pour celui de tournesol, le Diester a déjà franchi la barre des 50%...

Les biocarburants et l’occupation du territoire

En transformant une forêt, capable de stocker du CO2, en cultures qui vont au contraire en émettre, le bilan environnemental des biocarburants est objectivement renversé. Mais ceci est surtout vrai pour les cultures tropicales (canne à sucre et huile de palme), souvent produites sur le sol d'anciennes forêts. Par ailleurs, les ONG écologistes insistent sur le fait que le développement des biocarburants, plus rémunérateurs que les cultures vivrières, entraîne une ruée vers les terres fertiles dans les pays pauvres ou en développement et concurrence la production alimentaire. Tel n’est cependant pas le cas pour le Diester en France, produit à partir d’oléagineux (colza, tournesol). Sur une surface consacrée aux oléagineux en France de quelque 2,5 millions d’hectares, 500.000 suffisent pour répondre aux besoins en huiles alimentaires des Français. Les 2 millions d’hectares restants couvriront les besoins pour produire le Diester. En tout cas, quelque 3,6 millions d’hectares d’oléagineux pourraient être cultivés en France sans contraintes agronomiques et sans rompre l’équilibre entre les besoins en surfaces alimentaires et énergétiques. De plus, les co-produits des oléagineux (tourteaux) utilisés pour la production du Diester servent à nourrir les animaux qui produisent du lait, de la viande ou encore des œufs pour l’alimentation humaine.

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