En France, il existe des collectivités et des entreprises qui utilisent du biodiesel Diester spécifiquement incorporé à 30% dans leur gazole. Regroupées au sein de l’association nationale Partenaires Diester, elles se sont retrouvées dernièrement en Assemblée générale. Au programme, bien sûr, le bilan de l’année écoulée, mais surtout préparer l’avenir dans l’attente des grandes orientations mondiales sur l’environnement qui pourront émaner du sommet de Copenhague en décembre prochain.
D’abord un constat : les utilisateurs de Diester 30%, biocarburant élaboré à partir d’oléagineux, affirment ne rencontrer aucun souci technique car ce biodiesel comporte des caractéristiques physico-chimiques voisines de celles du gazole, ce qui permet de mélanger ces deux carburants à densité quasi-identique
Didier Roger, responsable du garage municipal de Rueil-Malmaison, indique ainsi que les véhicules de sa ville roulent depuis juin 2004 avec le Diester sans aucune déconvenue technique. « Nous avons pourtant une grande diversité de véhicules dans notre parc. Des véhicules utilitaires, des poids lourds, des autocars… Il a fallu uniquement changer les filtres de gazole et mettre des filtres neufs. Ce qui était appréciable, nous avons des motorisations relativement anciennes sur lesquelles le Diester marche sans aucune modification technique ».
Un argument de compatibilité technique partagé par Daniel Maire, vice-président de la Communauté de communes d’Epernay, une autre ville qui utilise le Diester depuis 1993. Mais pour Daniel Maire, la principale raison de l’essor du biodiesel dans la région Champagne-Ardennes réside ailleurs. Certes cette région est riche en vignobles, mais aussi en grandes cultures. Or la réforme de la politique agricole commune de 1992 a imposé des jachères aux cultivateurs. « Les producteurs de notre région étaient touchés de plein fouet par les jachères. L’alternative de planter du colza à des fins industrielles semblait une réponse pour valoriser ces jachères », observe l’élu. Bref il y avait la conjonction de deux préoccupations : respect de l’environnement mais aussi valorisation des cultures. Evidemment l’utilisation du Diester a beaucoup évolué depuis sa première apparition à Epernay. « Au départ nous achetions le Diester d’un côté et le gazole classique de l’autre et nous les mélangions nous-mêmes. C’était quand même un peu compliqué », se souvient Daniel Maire.
Les groupes pétroliers sont en tout cas décidés à s’engager davantage dans le développement des biocarburants.
Aujourd’hui le biodiesel Diester incorporé à 30% dans le gazole arrive prêt pour l’utilisation ce qui facilite le travail des distributeurs. Ainsi, Laurent Desfougeres, directeur du négoce Rubis Terminal à Rouen, espère pouvoir étendre ses dépôts dans d’autres régions et renforcer sa collaboration avec les adhérents de Partenaires Diester.
Jean-Nicolas Cloué, responsable des ventes Diester 30% chez BP France , rappelle l’attachement de son groupe à la défense de l’environnement. « Dès 1997 nous avons participé aux négociations de Kyoto. Evidemment dans ce cadre tout ce qui touche aux biocarburants nous intéresse de près. Notre partenariat avec Diester était donc une évolution logique », poursuit-il. BP est associé à Partenaires Diester depuis 2007. Et, pour Jean-Nicolas Cloué, le groupe pétrolier est très satisfait des relations qu’il développe avec la structure associative. Pour preuve : il entend renforcer ce partenariat car les enjeux vont être encore plus importants à l’avenir dans le domaine des biocarburants. Surtout si, martèle-t-il « le rapport attendu de l’Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) en automne, certifie les bienfaits des biocarburants par rapport aux carburants fossiles. Cela ne pourra que favoriser le développement du Diester 30% ». Bref, pour Jean-Nicolas Cloué, « il est donc essentiel de faire partie des membres de Partenaires Diester ».
Hervé Quentin, responsable Energies renouvelables chez Total, lui emboîte le pas. « Total a commencé dès 1996 à travailler avec le Diester. D’abord 5%, ensuite 10%, puis 20%... Et aujourd’hui 30% », rappelle-t-il. D’autant que le marché français est déficitaire en gazole alors qu’il est excédentaire en essence. Et que le Diester contribue donc, dans une certaine mesure, à réduire ce déficit. Par ailleurs, ajoute Hervé Quentin, « une réglementation d’incorporation des biocarburants s’est mise en place en 2005 et le Diester contribue à respecter cette réglementation ». Total a commencé une certification des filières de biocarburants. Et le groupe pétrolier français espère « vivement que les constructeurs automobiles renforceront encore davantage leurs recommandations d’utilisation des biocarburants ».
Chez Peugeot, où la première homologation Diester date de 1997, la cause semble être entendue. Bernard Brule, responsable des Energies nouvelles chez Automobiles Peugeot estime que les constructeurs automobiles doivent répondre à trois questions : « Comment diminuer la consommation du pétrole ? Comment améliorer la qualité de l’air ? Et comment émettre moins de CO2 ? ». Et d’enchaîner : « Les tests les plus récents sur nos véhicules diesel fonctionnant au Diester 30% ont montré que l’on pouvait diminuer les émissions de CO2 de l’ordre de 20%. Et donc répondre d’une manière efficace aux trois questions ». Bernard Brule imagine, avec de futures innovations, « une évolution des moteurs diesel et donc un avenir positif pour le Diester ». Rappelons que pour Peugeot, le diesel est une technologie extrêmement importante et que le constructeur français a gagné les derniers 24 heures du Mans avec une voiture diesel.
Une performance qui fait d’ailleurs le bonheur de Patrice Chaudouin, PDG de l’Ecole de pilotage NEO2 à Albi. « Nos clients sont impressionnés par les performances de nos voitures Diester Cup qui roulent avec cette énergie renouvelable », s’exclame-t-il. Et d’ajouter que « utiliser le Diester 30% nous permet de faire venir des gens sur le circuit qui sont sensibles au respect de l’environnement ». Bref, un vrai « plus client » !
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